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August 26, 2017 | Author: Najd Kacem | Category: Comparative Advantage, Free Trade, Globalization, Offshoring, Protectionism
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Chapitre

3

Quels sont les fondements de la mondialisation du commerce et de la production ? � MANUEL, PAGES 62-87

◗ But pédagogique et structure du chapitre • Ce chapitre répond au point 2.1. du programme. Son plan reprend les trois éléments distingués dans les indications complémentaires du programme : la première partie présente l’évolution du commerce mondial et les facteurs qui ont favorisé le développement de ce commerce ; la seconde partie est centrée sur les avantages et les inconvénients des échanges internationaux ; la troisième partie porte sur la mondialisation de la production. • La montée des échanges propose des données montrant les traits saillants de la mondialisation : un commerce mondial qui augmente plus rapidement que la production, essentiellement concentré sur les produits manufacturés, alors que la mondialisation des services progresse lentement. Le commerce mondial se fait principalement entre l’Asie, l’Amérique du nord et l’Europe, surtout si les échanges internes à ces zones sont soustraits. Parmi les grandes nations, le fait essentiel des dernières années est la montée fulgurante de la Chine. • L’origine de la mondialisation réside dans les progrès des transports et la libéralisation administrative. Concernant les transports, un document est consacré à la révolution que provoque le transport en conteneur, même si la diminution du coût unitaire de transport est difficile à mesurer sur la longue durée. De même, les éléments manquent concernant l’évolution spectaculaire du prix des communications téléphoniques (aujourd’hui pratiquement nul). • La partie consacrée aux avantages et inconvénients de l’échange débute logiquement par la présentation de l’avantage comparatif. L’exercice proposé, inspiré de la présentation du manuel de Paul Krugman et Maurice Obstfeld, se situe donc • 38

dans une optique néoclassique et non classique : ce sont les calculs microéconomiques qui mènent à la spécialisation et à l’échange. La nouvelle théorie du commerce international est présentée rapidement. • La seconde sous-partie est plus empirique. Est précisé le rôle souvent sous-estimé des échanges de techniques. L’examen du lien empirique entre ouverture et croissance est peu probant. La souspartie consacrée au protectionnisme rappelle les principaux arguments théoriques en faveur du protectionnisme, les instruments des politiques protectionnistes, alors que l’exemple de la politique sucrière illustre la difficulté de mener des politiques favorables à l’intérêt général. • La mondialisation de la production est estimée sur le plan statistique. Un exemple est fourni avec le TD1. Concernant les choix de localisation, l’accent est mis sur la diversité des facteurs, qui sont loin de se résumer à la question des coûts salariaux. Les effets sur l’emploi sont également étudiés dans le TD2.

◗ Liens avec d’autres chapitres Dans la tradition de J. A. Schumpeter, il est utile de penser la mondialisation comme une forme d’innovation. Le lien avec le chapitre 1 est donc fort. Bien entendu, le chapitre 3 est également lié au chapitre 4, qui en est le prolongement. Le chapitre 5 peut aussi être rapproché du chapitre 3, la construction européenne répondant en partie à une logique d’ouverture commerciale. La question des instruments de la politique climatique, envisagée dans le chapitre , est également liée à la question de la mondialisation. Enfin, les questions des inégalités et des politiques redistributives, abordées dans les chapitres 12 et 13, doivent prendre en compte les effets de la mondialisation. © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

◗ Réponses aux questions Ouverture de chapitre � MANUEL, PAGES 62-63

• Document 1

Quel message ces photographies transmet­tent-elles ? Ces photographies illustrent le haut degré d’intégration de l’économie française à l’économie mondiale, ainsi que les difficultés qu’entraînerait un retour en arrière, car il serait bien difficile de se passer des produits importés. • Document 2

Qu’apporte la révolution des transports maritimes ? Cette révolution, autour du container, a réduit dans des proportions considérables le coût du transport maritime international. Elle a donc rapproché les marchés les uns des autres et rendu possible l’arbitrage entre les territoires pour localiser la production. • Document 3

Comment peut-on expliquer la peur de la mondialisation ? La mondialisation semble mettre en concurrence les salariés de France et du reste du monde, faisant pression à la baisse sur les salaires et entraînant du chômage. Cette impression est favorisée par le fait que les emplois perdus du fait de délo-

Exportations de marchandises (1)

Exportations de services (2)

calisations se voient davantage que les emplois gagnés par l’exportation ou par l’installation en France de filiales d’entreprises étrangères, sans parler des apports pour le consommateur des produits importés.

1. Une analyse du commerce mondial � MANUEL, PAGES 64-67 A. La montée des échanges

• Document 1

1. Calculez le montant des exportations de biens et services en 2010. 9 479 + 2 398 = 11 877. Les exportations de biens et services représentent 11 877 milliards de dollars en 2010. 2. Que mesure le rapport exportations/PIB ? Ce rapport mesure la part de la production qui est exportée. C’est donc un indicateur de l’ouverture de l’économie nationale sur l’extérieur. Il peut aussi s’interpréter comme une mesure de la dépendance de la production nationale à l’égard de la demande mondiale. Notons cependant que le taux d’ouverture est plus souvent mesuré par la demi-somme des importations et des exportations rapportée au PIB. 3. Calculez le rapport exportations/PIB pour chacune des années.

PIB (3)

Exportations de biens et services [(1)+(2)] (4)

Rapport [(4)/(3) x 100]

1950

298

5 330

298

5,59

1960

624

8 440

624

7,39

1970

1 419

13 769

1 419

10,31

1980

2 367

451

20 048

2 818

14,06

1990

3 455

820

27 122

4 275

15,76

2000

6 456

1 531

36 502

7 987

21,88

2010

9 479

2 398

45 262

11 877

26,24

4. L’ouverture aux échanges a-t-elle augmenté ? S’est-elle accélérée ? Justifiez vos réponses. Chaque année, l’ouverture mesurée par le rapport des exportations à la production est plus élevée qu’elle n’était dix ans auparavant. Il y a donc bien © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

augmentation de l’ouverture. Celle-ci semble s’être accélérée, puisque l’ouverture a progressé de plus de dix points entre 1990 et 2010, plus qu’au cours des intervalles de temps de même durée qui ont précédé. 39 •

• Document 2

• Document 4

5. Comment peut-on produire à Bombay des services juridiques vendus à des firmes situées aux États-Unis ? Les services juridiques délocalisés sont surtout les tâches routinières : rédaction de notes, de lettres, d’argumentaires, de protocoles d’accord, souvent fondés sur des recherches dans les textes légaux et dans la jurisprudence. Il est tout à fait possible de faire ce travail à distance et de le transmettre. Seule la plaidoirie nécessite la présence physique du juriste. 6. Quelle raison pousse les firmes américaines à acheter des services à des cabinets indiens ? Les dépenses de services juridiques ont explosé ces dernières années aux États-Unis. Les entreprises cherchent donc à réduire leur facture. Or, les cabinets d’avocats faisaient des marges considérables sur les tâches routinières, facturées comme des services très qualifiés. Les entreprises clientes ont donc séparé les tâches très qualifiées et les tâches routinières, confiant ces dernières à des entreprises de pays où le travail juridique est moins coûteux. 7. Selon vous, pourquoi les entreprises françaises achètent-elles peu de services juridiques à l’étranger ? Les dépenses de services juridiques sont certainement moins élevées en France qu’aux États-Unis. Mais surtout, il est plus difficile de trouver des juristes connaissant le français et le droit français et opérant dans des pays où le travail est bon marché. Peut-être une telle offre pourrait-elle se développer dans certains pays africains.

10. Quelles sont les principales évolutions de la structure des échanges entre 1967 et 2008 ? Le principal mouvement est la diminution du poids des pays occidentaux au profit de l’Asie orientale. De ce point de vue, l’Europe résiste mieux que l’Amérique du Nord, dont la part dans les exportations mondiales a violemment chuté. 11. La répartition des échanges justifie-t-elle l’idée du consultant Kenichi Ohmae selon laquelle l’économie mondiale est dominée par trois régions, qu’il appelle la Triade ? En 2008, la Triade réalise 78 % des exportations mondiales, total en hausse par rapport à 1967. La polarisation du commerce mondial autour de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l’Asie orientale est donc confirmée.

• Document 3

8. Rédigez une phrase présentant l’information apportée par les données de l’année 2009. Les exportations mondiales de biens comprennent moins de 10 % de produits agricoles, 20 % d’énergie et de minerai et plus de 70 % de produits manufacturés. 9. Quels facteurs peuvent expliquer les variations de la part des exportations d’énergie et minerais ? La principale explication de cette instabilité réside dans l’ample mouvement des prix relatifs de ces produits, lié à des facteurs politiques et à la spéculation sur les marchés à terme. La chute constatée en 1985-86 correspond au contre-choc pétrolier, par exemple. • 40

• Document 5

12. Quelle part des exportations mondiales l’Union européenne, les États-Unis et la Chine réalisent-ils à eux seuls en 2010 ? Les trois zones réalisent environ 11,7 % + 10,1 % + 8,2 % = 30 % des exportations mondiales. 13. Quelles sont les principales évolutions enregistrées au cours du dernier quart de siècle ? Parmi les pays qui dominent le commerce mondial, le Japon est le premier à connaître un fléchissement (dû à la révélation du yen, puis à la crise économique). Sa part des exportations mondiales est divisée par deux entre 1985 et 2010. Les États-Unis et l’Union européenne connaissent une baisse plus limitée et plus tardive, dans les années 2000, ce qui correspond à l’affirmation de la Chine, dont la part a triplé en dix ans. La progression des autres pays émergents est plus limitée. B. À l’origine de la mondialisation

• Document 6

14. Quels avantages procure le fait que le conteneur soit multimodal ? qu’il soit toujours de la même dimension ? qu’il soit fermé ? Le fait que le conteneur soit multimodal réduit dans des proportions considérables la durée et le coût des opérations de manutention nécessaires pour passer du bateau au train ou au camion. Aux États-Unis, par exemple, faire passer les marchandises du bateau au camion prenait autant de temps que d’aller de Los Angeles à Denver. © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

La standardisation des dimensions est nécessaire pour que les containers puissent passer facilement d’un moyen de transport à un autre et pour pouvoir les empiler efficacement dans une cale, sans perte de temps ni d’espace et sans déséquilibrer la cargaison. Elle a permis d’investir dans l’achat de wagons et de grues adaptés. Le container fermé évite les vols qui se produisaient tout au long du transport et notamment dans les ports. C’est également une sécurité par rapport aux importations illégales. Après le 11 septembre 2001, les États-Unis ont voulu scanner les conteneurs arrivant de certaines régions, mais ont abandonné cette idée, car elle aurait freiné le commerce international dans des proportions importantes. 15. Transporter un conteneur de l’Asie vers l’Europe ou l’Amérique du Nord coûte environ 1 000  a. Sachant que le volume intérieur d’un conteneur est d’environ 32 m3 et qu’un téléphone cellulaire valant 200 a, avec son emballage, occupe environ 2 dm3, quelle part du prix du téléphone représente le transport par bateau ? Dans un conteneur standard de 20 pieds, il est possible de ranger environ 32 000/2 = 16 000 téléphones, d’une valeur de 3,2 millions d’euros. Le transport représente donc 1 000 / 3 200 000 x 100 = 0,003 % du prix du téléphone. C’est donc une part totalement négligeable. 16. Quels changements dans les échanges cette innovation a-t-elle entraînés ? Il devient possible de produire dans toutes les régions du monde qui sont équipées en ports efficaces pour vendre dans le monde entier. La concurrence entre territoire est généralisée, ce qui permet d’optimiser la répartition géographique de la production et de faire entrer de nouvelles régions dans l’économie mondiale. • Document 7

17. Rédigez une phrase présentant l’information apportée par le chiffre entouré en rouge. En 1980, l’Allemagne prélève des droits de douane représentant en moyenne 8 % du prix des marchandises importées. 18. Par combien, en moyenne, les droits de douane ont-ils été divisés entre 1950 et 1980 ? En moyenne, les droits ont été divisés par presque 3 pour les pays européens cités. © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

19. Comment expliquez-vous que les droits de douane soient au même niveau dans les trois pays en 1980 ? C’est évidemment l’union douanière réalisée entre les pays de l’Union européenne qui explique cette identité. • Document 8

20. Dans quel groupe de pays les droits de douane sont-ils le plus élevés ? Comment peuton l’expliquer ? Ce sont les pays les moins avancés qui pratiquent les droits les plus élevés. On peut l’expliquer par la nécessité pour ces pays de protéger des activités locales qui résisteraient mal à la concurrence étrangère. 21. Comment peuvent se justifier les droits élevés constatés pour les produits agricoles ? Les produits agricoles sont particulièrement protégés parce que les gouvernements sont particulièrement sensibles aux pressions des agriculteurs en faveur de cette protection et parce que les produits agricoles sont souvent considérés comme stratégiques pour l’indépendance nationale. • Document 9

22. Les États-Unis ont-ils toujours mené une politique de libre-échange ? Partagés entre deux courants opposés pendant la première moitié du XIXe siècle, les États-Unis deviennent protectionnistes après la victoire du Nord industriel dans la guerre de Sécession. Cette tendance se poursuit pour l’essentiel jusqu’en 1945, les tarifs douaniers étant très progressivement réduits pendant la première moitié du XXe siècle avant de diminuer franchement. 23. Comment peut-on expliquer l’évolution des tarifs douaniers jusqu’en 1875 ? Tant que les États-Unis sont exportateurs de produits agricoles et importateurs de produits manufacturés anglais, ils sont plutôt libre-échangistes. Mais l’industrie américaine monte progressivement en régime et demande à être protégée de la concurrence de l’industrie britannique, plus avancée. Les droits de douane augmentent donc progressivement. 24. Pourquoi, à votre avis, les États-Unis ontils choisi de réduire leurs tarifs au XXe siècle ? Les États-Unis réduisent leurs tarifs douaniers à mesure que leurs progrès de compétitivité rendent ces tarifs inutiles. Une fois qu’ils do41 •

minent l’industrie mondiale, ils n’ont plus besoin de protection. • Pour argumenter

Le développement des échanges commerciaux est souvent imputé aux rounds de négociation internationale successifs qui ont marqué l’existence du GATT. Les droits de douane ont été réduits entre pays développés, la décolonisation a permis l’ouverture des marchés des anciennes colonies, de nouveaux pays sont venus participer au GATT. Mais ce facteur n’est sans doute pas le plus important. Après tout, la mondialisation s’est accentuée récemment, alors même qu’aucun nouvel accord n’a été conclu depuis la mise en place de l’OMC en remplacement du GATT, en 1995. En effet, même libéralisés, les échanges sont longtemps restés limités par les coûts de transport ou de communication. Ces coûts se sont effondrés ces dernières décennies. Le fret maritime est rendu très bon marché par l’utilisation du conteneur standardisé, multimodal, qui permet des gains de temps et de frais de main-d’œuvre considérables. Les communications internationales pour les données ou la voix, hier très coûteuses, ont aujourd’hui un coût marginal quasi-nul. C’est d’abord cette baisse des coûts qui stimule les échanges internationaux.

2. Protectionnisme et libre échange � MANUEL, PAGES 68-73 A. Les gains de l’échange dans la théorie économique

• Document 10

25. Quelle est l’origine de l’avantage comparatif, selon David Ricardo ? Dans le modèle ricardien, cet avantage naît de différences dans la productivité du travail dans les différents États. 26. Quels sont les pays qui bénéficient d’un avantage comparatif ? Par définition, tous les pays bénéficient d’un avantage comparatif. Cette conclusion du modèle est essentielle pour montrer que tous les pays ont intérêt à participer au commerce international. 27. « L’avantage comparatif n’est pas seulement une idée à la fois simple et profonde ; c’est une idée qui contredit frontalement un préjugé populaire tenace et de puissants • 42

intérêts », écrit l’économiste Paul Krugman en 1987. Quel est ce préjugé ? Quels sont les individus dont l’avantage comparatif contredit les intérêts ? Le préjugé est que le commerce international fait des gagnants et des perdants. Les agents dont la production pourrait être remplacée par des importations sont ceux dont les intérêts sont menacés par l’application du libre-échange. 28. Aujourd’hui, le capital se déplace librement, ce qui n’était pas vrai à l’époque de Ricardo ou de HOS. Qu’est-ce que cela change à la théorie ricardienne ? et au modèle HOS ? Par définition, si le capital se déplace librement, la dotation en capital ne peut pas expliquer la spécialisation internationale. Il faudrait donc amender le modèle HOS pour ne tenir compte que des dotations en facteurs immobiles. En ce qui concerne le modèle ricardien, il ne devrait pas y avoir de changement majeur (la production se concentrant toujours là où la productivité relative est la plus élevée), mais il serait peu vraisemblable que la productivité soit indépendante du volume de capital mis en œuvre. Exercice d’application Chemises

Blé

Italie

1

2

Angleterre

6

3

1. a. Vérifiez que l’un des deux pays est plus efficace que l’autre pour chacune des deux productions. La production d’une unité de blé nécessite 2h de travail en Italie, contre 3h en Angleterre. L’avantage va donc à l’Italie. De même, il faut 1h de travail pour produire une unité de chemises en Italie, contre 6h en Angleterre. L’Italie a donc une supériorité dans les deux activités. b. En l’absence d’échanges internationaux, combien d’unités de blé faut-il donner pour se procurer une unité de chemises en Italie ? En Angleterre ? Justifiez votre réponse. Si les rapports d’échange sont déterminés par la quantité de travail utilisée dans chaque activité, comme il faut deux fois plus de temps pour produire une unité de blé qu’une unité de chemises en Italie (2 / 1), le rapport d’échange sera de 2 dans ce pays. En Angleterre, il devrait être de 3 / 6 = 1 / 2. © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

2. On suppose que le taux d’échange international entre blé et chemises est de 1. a. Un travailleur italien a-t-il intérêt à produire du blé, ou à produire des chemises pour les échanger contre du blé anglais ? Expliquez. Avec 2h de travail, un travailleur italien peut se procurer une unité de blé. Mais il pourrait aussi choisir de produire 2 unités de chemises et de les échanger contre 2 unités de blé. Cette deuxième solution lui permet de doubler son niveau de vie. b. Est-il intéressant pour un travailleur anglais d’échanger du blé contre des chemises italiennes ? Justifiez. Il lui faut 3 heures de travail pour obtenir une unité de blé. Il peut ensuite vendre ce blé sur le marché international contre une unité de chemises, alors qu’il lui faudrait 6 heures de travail pour fabriquer une unité de chemise. L’échange est donc très profitable pour lui. c. Déduisez-en qu’Italie et Angleterre vont se spécialiser. Chacun, suivant son propre intérêt, va se spécialiser dans la production pour laquelle il a la productivité relative la plus élevée. 3. Le modèle de Ricardo suppose qu’un producteur peut changer d’activité sans coût. Est-ce réaliste ? Que se passera-t-il si le changement est coûteux ? Ce n’est pas réaliste. Un changement de qualification ou la vente et l’achat de matériel supposent des coûts de reconversion. Certains facteurs de production ne servent qu’à une seule activité (on parle de facteur spécifique) et ne peuvent donc pas être reconvertis. Les détenteurs de ces facteurs vont donc s’opposer à une ouverture internationale à laquelle ils sont perdants. 4. Si les deux pays se spécialisent, l’un d’entre eux cesse de produire du blé. Dans ce cas, quels sont les effets de l’ouverture sur le propriétaire de terres à blé ? Le propriétaire de terres à blé doit chercher un moyen de reconvertir ses terres. Sinon, elles perdront leur valeur. • Document 11

29. Dans quelles directions la spécialisation de la France a-t-elle évolué ? La spécialisation de la France s’est renforcée, puisque les excédents des « points forts » représentent une part nettement plus importante du © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

PIB en 2008 qu’en 1967. Il y a également eu une montée en gamme, avec la première place de l’aérospatial et le renforcement de la pharmacie. Il faut toutefois souligner que la France demeure très peu spécialisée par rapport à l’Allemagne ou au Japon. • Document 12

30. Quels échanges sont mal expliqués par la théorie de l’avantage comparatif ? La théorie des avantages comparatifs suppose que les pays se spécialisent. Ils échangent donc des produits différents. Cette théorie ne peut donc pas expliquer des échanges de produits très proches les uns des autres. 31. Donnez des exemples de produits pour lesquels il existe des économies d’échelle internes aux firmes. Lorsque les coûts fixes sont élevés et que les coûts variables ne sont pas trop croissants, il y a des économies d’échelle internes. C’est le cas, par exemple, pour la télévision à péage ou les opérateurs de téléphone cellulaire. 32. Pourquoi la spécialisation est-elle totale en présence d’économies d’échelle internes ? Dans le cas d’économies d’échelle internes, la firme la plus grande est la plus compétitive. La spécialisation accentue cet écart jusqu’à disparition totale de la firme la moins efficace. 33. Pourquoi s’installer là où d’autres producteurs sont déjà présents (Silicon Valley pour l’informatique ou Toulouse pour l’aéronautique) ? La présence d’autres producteurs garantit l’existence d’un vivier de main-d’œuvre spécialisée et, de manière générale, des facteurs spécifiques nécessaires à la production. En outre, la circulation de l’information, souvent décisive, est forte dans les clusters. B. Libéralisation des échanges et croissance

• Document 13

34. Selon la théorie de l’avantage comparatif, l’ouverture commerciale est-elle source de croissance plus élevée ? Non : la théorie de l’avantage comparatif prévoit un niveau de vie plus élevé lorsque le libreéchange est réalisé. Mais elle est purement statique et ne permet aucune prédiction concernant la croissance. 43 •

35. Qu’est-ce qu’un transfert de technologie ? Un transfert de technologie est l’importation d’une technique nouvelle venue d’un autre pays. Il suppose une formation et parfois un transfert de propriété intellectuelle. 36. Définissez ce qu’est un « cadre institutionnel ». Donnez un exemple illustrant son importance pour la croissance. Le cadre institutionnel comprend les éléments matériels (infrastructures), légaux (droit commercial) et culturels (manières de penser et de faire des affaires) caractéristiques d’un pays. Par exemple, la présence d’infrastructures de transport efficaces et peu coûteuses est essentielle pour construire un marché national, mettre les entreprises en concurrence, permettre les échanges internationaux. 37. Peut-on dire que les États, eux aussi, sont soumis à la concurrence internationale ? Justifiez votre réponse. La diminution des droits de douane et des coûts de transport autorisant l’installation des entreprises dans n’importe quel pays ou presque, la qualité et le coût des services rendus par l’État sont un facteur de localisation. Les États sont en concurrence pour attirer les activités économiques. • Document 14

38. Que signifie le point rouge, relatif à la Chine ? En Chine, le rapport exportations / PIB a augmenté de 7 % par an et le PIB par habitant de 8 % par an en moyenne entre 1985 et 2003. 39. Dans le cas où l’ouverture et la croissance économique sont liées, comment s’organise le nuage de points sur un tel graphique ? L’existence d’une relation entre les deux variables devrait donner au nuage de points la forme d’une fonction simple, telle qu’une droite ou une parabole. 40. Est-ce ce que l’on observe ici ? Qu’en concluez-vous ? Ici, le nuage de points n’adopte aucune forme évidente. Il faut en conclure qu’il n’existe pas de relation simple entre ouverture et croissance. • Document 15

41. De manière générale, la demande extérieure joue-t-elle un rôle important dans la croissance chinoise ? • 44

La demande extérieure joue un rôle déterminant dans la croissance chinoise. Par exemple, elle représente 6,3 / (6,3+3,8) x 100 = 62 % de la croissance de la demande en 2004 et 8/(8+1,6) x 100 = 83 % en 2008. 42. Commentez les résultats de l’année 2009. L’année 2009 est totalement atypique, la contribution de la demande extérieure est négative et la contribution de la demande intérieure augmente de façon spectaculaire. C’est la conséquence de la crise financière mondiale de 2008 : les exportations chinoises vers des zones en crise diminuent et le gouvernement chinois compense ce manque de demande par une politique de type keynésien (de relance) de grande ampleur. • Document 16

43. Comment la Chine a-t-elle accéléré le développement de son réseau ferré ? Quel rôle a joué l’ouverture internationale dans ce développement ? La Chine s’est appuyée sur les transferts de technologie et l’achat à l’étranger, auprès d’entreprises disposant déjà d’un savoir-faire et d’une expérience considérables. Puisant dans le stock de connaissances disponible au lieu d’inventer elle-même, la Chine est ainsi allée très vite dans la maîtrise du train à grande vitesse. La Chine recycle ainsi une partie de ses excédents commerciaux pour acquérir les biens et les techniques qui lui manquent, grâce aux échanges internationaux. 44. Pour les firmes étrangères, en quoi estil risqué de transférer des techniques à la Chine ? Pour les firmes étrangères, le risque est de donner aux entreprises chinoises la maîtrise de ce qui fait leur force et d’aider un futur concurrent à développer son offre. • Document 17

45. Quels sont les avantages de la mondialisation pour les consommateurs selon A.Greenspan ? Ces avantages sont-ils importants ? La mondialisation favorise les gains de productivité, à travers la division du travail, et la baisse des prix. Les consommateurs en sont les bénéficiaires. Aux États-Unis, ces bénéfices représenteraient 3 % du PIB, selon une estimation. Il s’agit cependant d’une estimation brute, ne © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

tenant pas compte des effets négatifs possibles de la mondialisation. 46. D’où vient la baisse des prix ? La baisse des prix est liée à la concurrence accrue et aux gains de productivité que permet la division internationale du travail. C. Heurs et malheurs du protectionnisme

• Document 18

47. Dans quels cas les entreprises protégées de la concurrence internationale peuvent-elles devenir compétitives ? Elles peuvent devenir compétitives par des effets d’apprentissage, si elles sont capables de profiter de la protection dont elles bénéficient pour améliorer leur productivité en accumulant de l’expérience au point de pouvoir s’aligner sur le prix mondial. C’est un argument déjà développé au XIXe siècle par Friedrich List sous le nom de « protectionnisme éducateur ». 48. Pourquoi le calcul des avantages de l’échange est-il incomplet en cas d’externalité ? Dans le cas d’une externalité positive, la courbe de demande est fausse : le prix sous-estime l’utilité pour la collectivité du bien en question, si bien que la quantité d’équilibre est inférieure à ce qu’elle devrait être. En cas d’externalité négative, c’est l’inverse. 49. Pourquoi la relance de la demande par l’État est-elle inefficace en économie ouverte ? En économie ouverte, l’augmentation des dépenses qu’entraîne une politique de relance accroît les importations, ce qui déséquilibre le commerce extérieur et réduit l’effet multiplicateur de la politique budgétaire. Celui-ci ne vaut en effet plus 1 / (1-c), mais 1 / (1-c+m) (c étant la propension marginale à consommer et m la propension marginale à importer). • Document 19

50. En quoi démocratie et mondialisation menacent-elles l’État nation ? La mondialisation entraîne la libre circulation des personnes, des capitaux et des informations. La démocratie est également associée à cette libre circulation à l’intérieur des frontières nationales. Cette liberté menace le pouvoir de l’État, car ce pouvoir est limité à un territoire, dont il devient possible de s’affranchir. Par exemple, la liberté de l’État de fixer les impôts se heurte au risque d’évasion fiscale. Les © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

limitations de la liberté d’expression deviennent inopérantes (exemples : l’interdiction de propager des textes révisionnistes ou l’interdiction de publier des sondages sur une élection juste avant le scrutin). 51. En quoi mondialisation et maintien de l’État nation s’opposent-elles à la démocratie ? Pour concilier le pouvoir de l’État et la mondialisation, certains États réduisent les libertés, comme le fait la Chine par exemple ; en limitant l’accès à Internet, en empêchant la libre circulation de l’information, etc. • Document 20

52. Donnez un exemple de subvention accordée aux producteurs locaux. Les films considérés comme français bénéficient d’un financement privilégié au titre de l’avance sur recettes, qui constitue une subvention indirecte. Les dépenses de recherche et développement engagées par les constructeurs aéronautiques français font l’objet d’avances qui s’apparentent à des subventions. 53. Supposons, pour simplifier, qu’un Airbus soit fabriqué uniquement en zone euro et un Boeing en zone dollar. Que change une hausse de l’euro pour Airbus ? Pour Airbus, une hausse de l’euro accroît ses prix exprimés en dollars. L’entreprise peut maintenir ses prix pour résister à la concurrence de Boeing, mais à condition de réduire sa marge bénéficiaire. 54. Quel peut être l’intérêt d’une règle de contenu local ? Une règle de contenu local peut contraindre des investisseurs étrangers à opérer des transferts de technologie, puisqu’ils ne peuvent se contenter de faire sur place des opérations d’assemblage. • Document 21

55. Qu’est-ce qui peut pousser le gouvernement américain à soutenir le prix du sucre ? Le gouvernement américain pourrait être animé par la crainte du déficit commercial. Mais cette préoccupation est très secondaire, car ce déficit ne pose pas de problème sérieux aux États-Unis. Par contre, les agriculteurs pèsent d’un poids électoral très lourd dans certains États et les voix des représentants de ces États au Congrès sont souvent indispensables. L’exécutif doit donc négocier ces voix contre des mesures permettant aux parlementaires de satisfaire leur base électorale. Le poids du lobby agricole est donc l’explication première du soutien des prix. 45 •

56. D’où vient la perte du consommateur ? le gain des producteurs américains ? La perte de pouvoir d’achat du consommateur vient du prix excessif auquel il achète son sucre, à travers lequel il subventionne des producteurs américains inefficaces. Le gain des producteurs a la même origine. Les quotas additionnés aux droits de douane réduisent la concurrence et font monter les prix de vente, pratiquement sans baisse des quantités vendues. Ce prix plus élevé améliore la situation financière des producteurs de sucre américains, les moins performants pouvant survivre et les plus performants bénéficiant d’une rente. 57. Comment le gouvernement américain aurait-il pu poursuivre ses objectifs sans agir sur le prix du sucre ? L’objectif de maintien du pouvoir d’achat des producteurs de sucre, confrontés à la concurrence étrangère, aurait pu être atteint par une subvention directe aux producteurs. Si cette aide était la même pour chaque producteur, elle aurait l’avantage de ne pas créer de rente au bénéfice des producteurs les plus performants. 58. Pourquoi, finalement, le gouvernement choisit-il le protectionnisme alors qu’il est contraire, dans ce cas précis, à l’intérêt général ? Il est assez difficile politiquement de justifier l’aide apportée par la collectivité à une profession plutôt qu’à une autre. L’inconvénient politique des subventions est la transparence : l’électeur saurait combien il paye pour aider les agriculteurs américains et ne serait pas nécessairement d’accord pour payer. Le protectionnisme permet d’agir de façon nettement plus discrète, les consommateurs ne se rendant pas compte que le kilo de sucre a vu augmenter son prix de quelques centimes. Bien entendu, ce mode d’action est économiquement inefficace. • Pour argumenter

Les échanges internationaux mettent à disposition des consommateurs l’ensemble de l’offre mondiale et à la disposition des producteurs l’ensemble de la demande mondiale. Le premier effet des échanges est donc un gain de variété pour le consommateur et un effet d’échelle pour le producteur, qui peut d’ailleurs occasionner des baisses de prix favorables au consommateur. Le • 46

gain de variété est également intéressant pour les entreprises, en leur permettant de trouver des biens de production les plus adaptés à leurs besoins. L’intégration des marchés a également tendance, dans la plupart des cas, à accentuer la concurrence, ce qui est favorable au consommateur, mais réduit les marges du producteur. Bien entendu, les échanges commerciaux ne sont qu’un aspect de la mondialisation et les échanges de capital technologique ou financier sont également importants.

3. La mondialisation de la production � MANUEL, PAGES 74-79 A. La montée des firmes transnationales

• Document 22

59. À l’aide de calculs simples à partir des données du tableau, montrez que le poids des FMN dans l’économie mondiale a beaucoup augmenté ces dernières décennies. Le PIB mondial a été multiplié par 5,1 et les exportations mondiales par 8,3 entre 1982 et 2008. Mais, dans le même temps, les ventes des filiales étrangères de FMN ont été multipliées par 12, les actifs des filiales étrangères par 34 et les IDE sortants par 69. De ce fait, les ventes des filiales étrangères, qui représentaient 21 % du PIB mondial en 1982, en représentent désormais la moitié. Cette évolution est surtout marquée entre 1990 et 2007. Par exemple, le stock d’IDE sortants, qui était passé de 6,6 % à 8,8 % du PIB mondial entre 1982 et 1990, bondit à 28,4 % en 2007. 60. Les filiales de FMN servent-elles surtout à alimenter le marché local ou leur production est-elle surtout exportée ? Comparez les lignes 1 et 4 pour répondre. Les exportations des filiales étrangères représentaient le quart des ventes de ces entreprises en 1982 et en 1990. Ce nombre est passé à moins de 20 % en 2007. Contrairement à une croyance tenace, les filiales étrangères sont donc d’abord destinées au marché local et ce de manière croissante. 61. Comparez l’évolution des exportations mondiales et des exportations des filiales de FMN. Qu’en concluez-vous ? Les exportations des FMN ont vu leur valeur multipliée par 10,5 sur la période. Elles ont donc © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

augmenté un peu plus vite que les exportations mondiales, ce qui indique un renforcement du poids des FMN. Mais la différence entre les deux multiplicateurs n’est pas très grande, ce qui indique bien que les filiales servent d’abord à alimenter le marché local. 62. La comparaison des lignes 1 et 2 montre que les filiales ont une très faible valeur ajoutée par rapport à leurs ventes. Comment interprétez-vous ce constat ? Schématiquement, les ventes représentent le chiffre d’affaires, qui se divise en deux parties : la valeur ajoutée et les consommations intermédiaires. Si le taux de valeur ajoutée est très faible, il faut en déduire que de nombreuses filiales ont une activité de transformation limitée et sont essentiellement des unités commerciales ou d’assemblage, ce qui n’est pas très étonnant. • Document 23

63. Expliquez la première phrase du texte. Par cette phrase, l’auteur veut dire que les FMN sont toujours liées de manière privilégiée à un territoire particulier, soit par son importance dans la production, soit pour des raisons culturelles. 64. Donnez des exemples de FMN « françaises » ayant des liens forts avec les pouvoirs publics. Renault est un constructeur automobile au capital duquel se trouve l’État. L’entreprise réalise la majorité de sa production et la majorité de ses ventes à l’étranger, ce qui en fait véritablement une FMN. EADS est un constructeur aéronautique assemblant en France et en Allemagne des avions produits à partir de modules sous-traités dans divers pays et vendus dans le monde entier. L’État français est présent au capital de l’entreprise et sa direction est nommée avec l’aval des autorités politiques françaises et allemandes. 65. Quels principes les FMN défendent-elles auprès des institutions internationales ? Les FMN sont très attentives au libre-échange. Elles défendent les paradis fiscaux et toutes les règles qui leur permettent de payer peu d’impôts.

67. Quelle tendance indique ce graphique ? Ce graphique indique une hausse considérable de la valeur des fusions et acquisitions transfrontalières entre 1991 et 2000, puis entre 2003 et 2007. On observe toutefois que le processus est très irrégulier et très sensible au rythme de la croissance mondiale. • Document 25

68. Donnez la signification du nombre entouré en rouge. 48 % des importations américaines sont des échanges internes aux FMN. 69. En quoi les échanges intrafirmes sont-ils des échanges particuliers ? Les échanges intrafirmes se déroulent hors marché. Ils ne sont pas soumis à la concurrence. De ce fait, les prix auxquels ces échanges, nommés prix de transfert, sont facturés sont artificiels. Ces prix sont par ailleurs manipulés par les entreprises de façon à localiser leurs bénéfices dans les pays où les impôts sont les plus bas. La valeur déclarée de ces échanges est donc une estimation très approximative de leur valeur réelle. • Document 26

70. Qu’est-ce qu’une production modulaire ? Une production modulaire est conçue de telle façon que le produit est l’assemblage de modules standardisés utilisés dans la fabrication de nombreux produits. 71. En quoi cette organisation de la production favorise-t-elle la mondialisation ? La production modulaire facilite la division internationale des processus productifs, chaque module pouvant être produit dans le lieu qui réunit les meilleures conditions de production. D’autre part, chaque module servant à fabriquer plusieurs produits, l’échelle de production est plus importante, ce qui aide à réduire les coûts unitaires. Ces économies d’échelle sont optimisées par la production à l’échelle mondiale. B. Les stratégies des firmes

• Document 24

• Document 27

66. Quel rapport ont ces données avec la mondialisation des entreprises ? Une fusion ou acquisition transfrontalière est le regroupement d’entreprises opérant dans des pays différents. C’est donc une opération caractéristique de la mondialisation des entreprises.

72. Quel est l’avantage compétitif sur lequel s’appuie Zara ? Le principal avantage compétitif de Zara est la réactivité : les informations sur les ventes sont transmises quotidiennement et la production immédiatement adaptée à ces informations.

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47 •

73. En quoi le modèle de Zara est-il incompatible avec la délocalisation de sa production en Asie ? Compte tenu de la complexité de la relation des entreprises avec leurs fournisseurs et compte tenu de la durée des transports maritimes, la délocalisation en Asie ne permettrait pas à Zara de s’adapter aussi rapidement aux signaux envoyés par les consommateurs. 74. Dans le modèle de Zara, où une firme doitelle produire ? La réactivité suppose de produire près du lieu de vente, à la fois pour supprimer des temps de transport et pour connaître rapidement et précisément les réactions de la clientèle aux produits. • Document 28

75. Pourquoi délocaliser un centre d’appel ? La délocalisation d’un centre d’appel répond d’abord à un objectif de coût : il s’agit d’une activité de main-d’œuvre, généralement peu qualifiée, pour laquelle les différences de salaires entre pays sont importantes. Il peut également être utile de jouer avec les fuseaux horaires (par exemple pour avoir des opérateurs disponibles 24h / 24h. 76. Quelles sont les conditions présentées dans le schéma pour que la délocalisation d’un centre d’appel soit rentable ? Il faut que le coût après délocalisation soit inférieur au coût initial. Pour cela, il faut une localisation avantageuse sur le plan salarial, mais où la productivité est suffisante et le coût des communications limité. • Document 29

77. Dans quel pays les responsables d’entreprises semblent-ils les plus enclins à s’implanter ? Pourquoi ? La Chine et, surtout, l’Inde, viennent en tête. Les coûts sont le principal point fort de ces implantations ; mais s’y ajoute, surtout dans le cas de l’Inde, l’environnement et la qualité de la main-d’œuvre. 78. Quel pays semble le moins intéressant ? Pourquoi ? Malgré des coûts assez bas, la Turquie vient en dernier du fait de l’environnement, mais surtout d’un manque de qualification des employés. 79. Distinguez plusieurs catégories de pays ayant des atouts différents. L’Australie, le Canada ou l’Espagne sont distingués par la qualité de leur main-d’œuvre, alors • 48

que l’Inde, la Chine, le Vietnam ou la Thaïlande sont surtout appréciés par leurs coûts. L’Irlande, le Canada et l’Australie valent aussi par la qualité de l’environnement. • Document 30

80. Quels avantages présente l’implantation des entreprises d’électronique dans la Silicon Valley ? Cette localisation dispose d’une combinaison unique de savoir-faire spécifiques en électronique et informatique, de capital-risques et d’un réseau de clients et de fournisseurs. C’est également une adresse valorisée sur le marché mondial. 81. Montrez que le développement de Silicon Valley s’explique bien par la nouvelle théorie du commerce international. La Silicon Valley est à l’origine d’importantes externalités positives, par diffusion des connaissances, essaimage ou migration de la maind’œuvre très qualifiée. Ces externalités sont internes à la vallée, qui accumule ainsi des avantages compétitifs sur les autres localisations. • Document 31

82. Pourquoi les constructeurs automobiles japonais se sont-ils implantés aux États-Unis ? La raison essentielle de cette implantation est de contourner les accords dits d’autolimitation imposés par le gouvernement américain aux constructeurs japonais. 83. Quels étaient les objectifs de la politique américaine ? Ont-ils été atteints ? Les autorités américaines voulaient protéger les constructeurs américains et l’emploi dans l’automobile aux États-Unis. Elles ont échoué sur le premier point, les constructeurs japonais continuant à gagner des parts de marché, mais réussi sur le second point, les usines japonaises embauchant des milliers de salariés aux États-Unis. C. Les effets de la mondialisation des firmes

• Document 32

84. La production des constructeurs français diminue-t-elle ? Il est impossible de répondre à cette question à partir du document (mais on sait que cette production est globalement en hausse). 85. Comment s’explique l’évolution constatée ? La baisse constatée résulte de la délocalisation d’une partie de la production dans d’autres pays, en parti© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

culier l’Europe de l’Est et le bassin méditerranéen. 86. Quelles pourraient être les conséquences de la désindustrialisation ? Une conséquence de ces délocalisations est la diminution de l’emploi industriel, d’autant plus préoccupante que la reconversion des sites et des personnes est compliquée. La question difficile est de savoir si un pays peut continuer à innover dans des secteurs où il ne produit plus. La réponse semble positive au regard de l’informatique et de l’électronique américaines, mais il n’est pas sûr qu’il en soit de même en France. • Document 33

87. Rappelez ce que sont les économies d’échelle. Il s’agit de la baisse de coût unitaire qui résulte de la hausse de la quantité produite. Il faudrait, en toute rigueur, distinguer rendements factoriels et rendements d’échelle croissants. En pratique, les deux sont souvent confondus. 88. Comment un pays à coût salarial élevé peut-il lutter contre les pays à bas salaires dans la production de petites voitures ? Un pays à coût salarial élevé peut s’appuyer sur la qualité de la production, mais celle-ci est correcte dans les pays à bas salaires. Il peut aussi tabler sur une automatisation élevée, économisant la main-d’œuvre. 89. Pourquoi les parts de marché sont-elles limitées aujourd’hui pour les modèles vedettes ? L’arrivée des constructeurs asiatiques a accru la concurrence et le nombre de modèles produits. La demande est également plus segmentée que par le passé. Il devient difficile de dégager des économies d’échelle. 90. Quelle est la conséquence positive de cette situation pour le consommateur ? Le consommateur achète ses voitures moins cher que précédemment, en profitant des bas salaires versés dans les pays de production. • Document 34

91. Pourquoi des emplois des pays développés sont-ils transférés ailleurs ? Les délocalisations s’expliquent principalement par les différences de coût salarial unitaire et par la volonté d’accéder à des marchés en croissance. 92. Pourquoi l’impact de ce phénomène sur l’emploi national est-il limité, selon les auteurs ? L’impact sur l’emploi est limité parce que la mon© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

dialisation apporte par ailleurs une augmentation de la croissance, par l’amélioration du niveau de vie et l’ouverture de nouveaux marchés. Des emplois sont donc détruits, mais d’autres sont créés. • Document 35

93. En économie fermée, sans échanges avec d’autres pays, quelles sont les deux dimensions du salaire, d’un point de vue économique ? Qu’en est-il dans une économie ouverte sur l’extérieur ? En économie fermée, le salaire est à la fois un coût pour les entreprises et la principale source de demande pour la production. En économie ouverte, la demande est mondiale et les coûts sont comparés à ceux des autres pays. De ce fait, ne subsiste que la dimension de coût du salaire. 94. Pourquoi l’existence d’un salaire minimum et des charges sociales élevées obligent-elles les entreprises à des efforts particuliers de productivité ? Charges sociales et salaire minimum rendent le coût salarial élevé. Pour maintenir une compétitivité qui dépend essentiellement du coût salarial unitaire, il faut donc élever le niveau de productivité du travail. 95. En quoi la mondialisation menace-t-elle la possibilité pour l’État d’œuvrer à la cohésion sociale ? Les politiques de cohésion sociale ont généralement des coûts qui élèvent le coût salarial, donc nuisent à la compétitivité des biens fabriqués sur le territoire national. D’autre part, les entreprises, qui écoulent leurs produits dans le monde entier, deviennent indifférentes à la cohésion dans un pays. • Document 36

96. De quel site vient cette copie d’écran ? Quel est le rôle de cet organisme ? Elle vient de la Commission du développement économique de Madagascar, dont le rôle est de tenter d’attirer des investissements étrangers dans ce pays. 97. Pourquoi l’investissement étranger est-il important pour un pays tel que Madagascar ? Comme tous les pays pauvres, Madagascar manque de capital. L’investissement étranger comble donc un manque important. Par ailleurs, les investissements étrangers apportent souvent du savoir-faire et un accès au marché mondial. 49 •

• Pour argumenter

La mondialisation se heurte à des contestations croissantes, qui révèlent que tout le monde n’a pas le sentiment d’y gagner. En effet, la mondialisation entraîne une mise en concurrence généralisée des territoires. Les pays développés connaissent des délocalisations d’activités, notamment dans l’industrie, qui présentent deux risques. Le premier est la désindustrialisation (hollowing out). L’idée est que la délocalisation de l’essentiel de l’industrie ferait perdre le contact avec l’innovation, qui se fait largement dans l’atelier. Cette analyse est partagée par les firmes japonaises, qui estiment indispensable de continuer à produire sur place pour innover. Le second risque concerne l’emploi. Les estimations divergent, mais il est certain que des millions d’emplois sont perdus, sans qu’il soit certain que ces pertes soient compensées par des ventes accrues dans les activités restantes. L’impact se fait aussi sentir sur les salaires, la menace réelle ou supposée de la délocalisation pesant sur les négociations salariales. Enfin, dans les pays en développement, les entreprises locales résistent difficilement aux FMN étrangères, si bien que les centres de décision économiques peuvent quitter ces pays.

◗ Travaux dirigés : Déflation et budget en période de crise � MANUEL, PAGES 80-81 TD 1 : Une production mondiale : l’iPhone

• Document 1

1. Quelle entreprise commercialise l’iPhone ? L’iPhone est un produit commercialisé sous la marque Apple, première entreprise mondiale par sa capitalisation. 2. Combien coûte la production d’un iPhone ? En additionnant tous les éléments listés dans le tableau, on obtient un coût de production de 189 $. 3. L’iPhone est présenté comme « made in China », car il est assemblé en Chine. Il est vendu environ 480 $. Quelle part de cette valeur revient à la Chine ? La Chine est le lieu d’assemblage de l’appareil, mais aucun module n’y est fabriqué. La Chine • 50

ne produit donc que 7 $ de valeur ajoutée sur les 480 $ que coûte l’iPhone, soit moins de 1,4 % de la valeur de l’appareil. 4. Pourquoi la liste des fournisseurs change-telle rapidement ? L’iPhone est un produit modulaire, associant un écran, un processeur, une antenne, un module de communication, un logiciel, une mémoire flash, etc. Or, chacun de ces modules peut être fabriqué dans plusieurs endroits différents par plusieurs producteurs différents, en fonction des coûts et des accords de production. • Document 2

5. Parmi ces trois produits, lequel laisse la plus forte marge à Apple ? L’iPhone est le produit laissant la marge la plus importante, en supposant que les coûts de distribution sont les mêmes pour les trois produits. 6. La production des produits d’Apple est sous-traitée à l’étranger. Quelle proportion de leur valeur est localisée aux États-Unis (en supposant que le transport est réalisé par des compagnies américaines) ? De manière étonnante, bien que la production soit entièrement réalisée à l’étranger, la majorité de la valeur reste aux États-Unis, de 51,8 % à 70,1 %,  sous forme de revenus pour Apple et de coûts et de revenus liés à la distribution. • Document 3

7. Combien d’argent perdrait Apple sur la vente d’un iPhone en l’assemblant aux États-Unis ? L’assemblage aux États-Unis coûterait 68 $ au lieu de 7 $ en Chine. Apple perdrait donc environ 61 $ par appareil (aux frais de transport près). 8. Quel pourrait être l’avantage de ce changement pour l’économie américaine ? L’assemblage sur le sol américain y créerait des emplois peu qualifiés. 9. En supposant que l’aide aux personnes sans emploi soit financée par une taxe sur les profits des grandes entreprises, Apple pourraitelle avoir intérêt à rapatrier l’assemblage aux États-Unis ? Si l’économie américaine ne parvient pas à créer des emplois pour les salariés les moins qualifiés, la « relocalisation » de l’emploi lié à l’assemblage des iPhones économiserait des indemnités de © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

chômage. Il se pourrait que l’opération soit rentable pour l’économie américaine et même pour Apple, si l’entreprise doit contribuer au financement des indemnités de chômage. TD2 : Mondialisation, emploi et salaires

• Document 1

1. Les données de l’Insee indiquent-elles que les délocalisations sont à l’origine de fortes pertes d’emplois en France ? Selon les données de l’Insee, les emplois des grandes entreprises ont augmenté en France. Auraient-ils augmenté plus sans les délocalisations ? Il est impossible de le savoir avec certitude, mais c’est peu probable car ces emplois sont liés aux marchés étrangers, selon le texte. 2. Pourquoi, selon le cabinet de consultants McKinsey, les délocalisations ont-elles un effet global négatif en Allemagne et positif aux États-Unis ? Selon l’enquête de McKinsey, c’est le degré de flexibilité des marchés du travail qui fait la différence : les délocalisations entraînent la mutation rapide des emplois et l’économie américaine s’y adapte plus vite que l’économie allemande parce que les marchés du travail y sont plus souples. 3. Par quel mécanisme les délocalisations pèsent-elles sur les salaires ? Les délocalisations sont une menace : les syndicats sont tenus de prendre en compte la possibilité d’une délocalisation dans leurs demandes salariales, ce qui les pousse à la modération. • Document 2

4. Écrivez, sous forme d’une équation simple, la relation entre la production et les trois éléments qui la déterminent (demande intérieure, exportations et importations). Production = Demande intérieure + (Exportations – Importations). 5. À quelle condition la production est-elle aussi importante après mondialisation qu’avant ? Le maintien de la production suppose un équilibre du commerce extérieur. 6. En supposant que les échanges soient équilibrés, le nombre d’emplois ne devrait pas être affecté par l’ouverture. Cependant, il se peut que le nombre d’emplois utilisés pour produire les biens exportés soit inférieur au nombre d’emplois utilisés pour produire les biens qui © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

sont désormais importés. Supposons que la France exporte des Airbus (exportations : 32 milliards d’euros, productivité : 1,6 millions d’euros par salarié) et importe des chaussures (importations : 32 milliards d’euros, productivité : 400 000 euros par salarié). Le commerce extérieur fait-il perdre des emplois ? Dans ce cas, les exportations représentent 32 x 109 / 1,6 x 106 = 2 000 emplois, alors que les importations représentent 32 x 109 / 0,4 x 106 = 8 000 emplois. La perte d’emplois serait donc de 6 000 emplois. 7. D’autre part, les exportations n’utilisent pas les mêmes qualifications que les biens désormais importés. Supposons qu’il faille surtout des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers qualifiés pour produire des Airbus et qu’il faille surtout des ouvriers non qualifiés pour produire des chaussures. Quel est l’effet des échanges sur l’emploi ? sur les salaires des ingénieurs ? sur les salaires des ouvriers non qualifiés ? L’ouverture va modifier la qualification des emplois. Elle fera gagner des emplois d’ingénieurs et perdre des emplois d’ouvriers. La demande d’ingénieurs augmentant, leur salaire devrait augmenter, alors que la demande déclinante d’ouvriers fera baisser leur rémunération.

◗ Sujets Bac � MANUEL, PAGES 85-87 Dissertation

La peur d’un départ des emplois, en particulier des emplois industriels, des pays développés vers les pays émergents, est récurrente. Elle s’appuie sur le constat d’une diminution de la part de l’industrie dans la production de tous les pays développés, transférée vers les pays émergents, qui proposent des coûts salariaux plus bas et des marchés plus dynamiques, dans le contexte d’une mondialisation qui donne aux entreprises une grande liberté de choix de leurs lieux de production. Mais des entreprises qui s’étaient précipitées pour s’établir en Asie orientale ont connu des déconvenues qui les ont poussées à relocaliser leur production : faible qualité de la main-d’œuvre, délais de livraison élevés ou corruption grèvent les coûts. Il convient donc d’apporter une réponse nuancée à la question posée. Les entreprises déterminent leurs lieux d’implantation en fonction des coûts de production, de l’intérêt des marchés nationaux 51 •

et des facteurs de production spécifiques dont chaque pays dispose. Dans tous ces domaines, les pays en développement ont des atouts. Mais ces atouts ne concernent que quelques pays et ne doivent pas dissimuler que les pays développés demeurent les plus attractifs. Nous verrons donc que les pays en développement sont parfois des lieux d’implantation attractifs, mais qu’il faut décider ces implantations avec discernement. I. Les pays en développement sont parfois des lieux d’implantation attractifs A. Des marchés en expansion rapide Il est souvent nécessaire d’être présent sur un marché pour pouvoir connaître précisément la demande et s’y adapter rapidement. Les grandes entreprises essayent donc d’être présentes sur les marchés les plus dynamiques. Le doc. 4 montre que la Chine, l’Inde et, dans une moindre mesure, la Russie, le Brésil et l’Afrique du Sud sont des marchés très dynamiques. B. Une main-d’œuvre bon marché Le coût du travail est souvent un élément essentiel de la compétitivité prix. Or, le doc. 2 met en évidence l’économie de salaire que représente la production dans les pays en développement par comparaison avec la production aux États-Unis : de 70 % à 90 % en moins dans des pays comme l’Inde, la Malaisie ou le Brésil. Il est donc intéressant de s’installer dans ces pays pour en faire des bases de production destinée à l’exportation. Le doc. 1 en fournit une bonne illustration, avec les exportations de services de l’Inde, passées en quelques années de 5 milliards à 100 milliards de dollars par an. II. Des implantations à réaliser avec discernement A. Les risques de l’installation dans les pays en développement La faiblesse des coûts salariaux dans les pays en développement est souvent compensée par d’autres coûts. Le coût salarial unitaire dépend des salaires, mais aussi de la productivité du travail, qui est souvent plus faible dans ces pays. D’autres coûts, parfois inattendus, viennent renchérir les produits. Le doc. 3 en fournit quelques exemples dans le cas du Nigeria. Une production d’électricité peu fiable, des ports engorgés, mais aussi une corruption endémique et l’insécurité entraînent des coûts supplémentaires. • 52

B. Les pays développés demeurent essentiels Malgré leur dynamisme, les marchés émergents sont encore de taille relativement modeste, car le niveau de vie y est faible. Le doc. 4 montre qu’un Américain est encore 3 à 5 fois plus riche qu’un Chinois ou un Brésilien. Des inégalités généralement moindres signifient que les pays développés comportent une vaste classe moyenne, qui est la base de la consommation de masse. Tous les pays en développement ne se valent pas. À côté de grands pays émergents au dynamisme incontestable, l’essentiel de l’Asie du Sud, de l’Amérique latine et de l’Afrique, malgré des progrès, demeure pauvre et mal équipé en infrastructures. Aussi les pays développés continuentils de recevoir la majorité des IDE dans le monde. L’installation des entreprises des pays développés dans certains pays en développement est donc certainement une opération profitable, mais à condition de choisir très soigneusement les pays d’implantation et les activités à y localiser. Épreuve composée

• Partie 1 : mobilisation de connaissances Question 1

La théorie des avantages comparatifs fonctionne uniquement dans le cadre d’une économie conforme au modèle néoclassique. En particulier, il suppose l’absence d’économies d’échelle, le plein emploi et une concurrence parfaite. Au-delà, le modèle ricardien est très simplifié, puisque le seul facteur explicatif des échanges est la productivité du travail, alors que le travail n’est qu’un coût de production parmi d’autres. Ricardo suppose implicitement que seuls les biens sont échangeables, les facteurs de production ne l’étant pas. Pourtant, les mouvements de capitaux sont aujourd’hui fréquents et faciles. Le modèle présente également le défaut d’être purement statique. Or, une spécialisation peut être la plus efficace dans une situation donnée, mais bloquer le passage à une spécialisation plus efficace. Le modèle conduit à une spécialisation totale de chaque pays, ce qui est contraire à l’observation. Question 2

Le commerce intrafirme désigne les échanges internationaux réalisés entre unités appartenant à un même groupe. Ces échanges se réalisent donc, par définition, hors marché, à des prix artificiels. © Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

• Partie 2 : Étude d’un document

Le graphique présente l’évolution du taux de variation de la production et des échanges au cours des trente dernières années. En dehors des périodes de récession ou de ralentissement, qui voient une décrue des échanges internationaux (1982, 2001, 2009), les échanges augmentent plus vite que la production, ce qui signifie que la part exportée de la production augmente. En retenant la définition classique de l’ouverture comme le rapport entre échanges de biens et services et production, l’ouverture a donc augmenté. • Partie 3 : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire

La mondialisation est le processus par lequel les activités économiques deviennent mondiales : les échanges de biens et services et de facteurs de production augmentent, les entreprises produisent dans le monde entier pour approvisionner le monde entier. Ce mouvement, apparemment irrépressible, dynamise la croissance. Son impact sur l’emploi devrait donc être globalement positif. Cependant, la mondialisation inquiète dans les pays développés, car elle met en concurrence les travailleurs du monde entier et entraîne, jusqu’ici, un déplacement d’activités des pays développés vers les pays en développement. Pour l’ensemble des pays, la mondialisation a entraîné une accélération de la croissance. C’est particulièrement net pour les pays qui étaient restés jusqu’ici à l’écart de l’économie mondiale, comme la Chine et l’Inde, qui représentent plus du tiers de la population mondiale à elles seules. Ces pays étaient marqués par un énorme chômage déguisé dans les campagnes, les paysans surnuméraires survivant chichement ou migrant vers les villes, dans lesquelles ils pouvaient difficilement trouver du travail. La mondialisation a changé cet état de fait, en améliorant l’allocation des ressources, mobilisant des facteurs de production sous-utilisés. Elle a entraîné la création de millions d’emplois dans l’industrie et les services des pays en développement, alimentant l’exportation vers les pays développés, puis le marché intérieur, à mesure que le niveau de vie de la population augmentait.

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

Cependant, cette réallocation des facteurs à l’échelle mondiale n’est pas forcément créatrice nette d’emplois. En effet, la hausse de la production est liée à des gains de productivité, de sorte qu’il est impossible de conclure à une hausse de l’emploi. D’autre part, localement, la réallocation des emplois peut être source de problèmes dans les pays développés. Le doc. 1 illustre bien le déplacement de l’industrie de pays développés tels que la France vers les pays en développement. D’abord peu qualifiés, les emplois créés dans les pays émergents deviennent plus qualifiés à mesure que ces pays montent en gamme. Le doc. 2 montre ce processus dans le cas de l’industrie automobile : ce sont d’abord les véhicules de bas de gamme dont la production a déserté la France ; mais le reste de la production suit progressivement. Certes, les salariés qualifiés bénéficient de la mondialisation, qui valorise leurs capacités de création de valeur. Comme d’autres formes d’innovation, la mondialisation est complémentaire du travail qualifié et substituable au travail non qualifié. Or, les salariés des pays développés n’ont pas tous un niveau de qualification leur permettant de s’insérer dans cette économie mondialisée, mais ont tous un niveau de rémunération qui, à l’échelle de la planète, est élevé. Ils sont donc menacés par la concurrence internationale. La rémunération des facteurs de production dépend de leur rareté relative. Avec l’arrivée des grands pays émergents, la mondialisation accroît considérablement l’offre de travail, sans guère changer l’offre de capital. L’équilibre des marchés de facteurs supposerait donc une baisse importante du prix relatif du travail. Les mécanismes institutionnels bloquent ou freinent cette baisse dans les pays européens. Le chômage y augmente donc. Au final, les effets de la mondialisation apparaissent contrastés et difficiles à évaluer. Transformant en profondeur la production, la mondialisation agit sur la totalité du processus de travail sur le long terme. Mais les effets négatifs sont les plus visibles. Ils mettent en action des forces hostiles à la mondialisation.

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